SFR, Orange et la TVA : la camouflet

Fin 2010, le gouvernement décide de l’augmentation de la TVA pour tous les abonnés ADSL et mobiles accédant à une offre de télévision.

Je ne reviendrais pas sur le bien-fondé ou pas de cette augmentation. Ni sur l’offre astucieuse de Free de réduire sa contribution COSIP à une portion congrue (taxe calculée sur le chiffre d’affaires télévision qui représentait 50% du montant de l’offre à 30 Euros pour tous les abonnés, à maintenant 2 Euros pour les seuls abonnés qui souhaitent conserver la télévision) ou de ne plus contribuer à la taxe sur la copie privée en déplaçant tout simplement son disque dur d’un boitier à un autre.

Par contre, je suis beaucoup plus impressionné par le camouflet que vient de subir SFR et Orange sur ses abonnements mobiles.

Comme tout le monde, j’ai été notifié par SFR fin décembre 2010 de l’augmentation de mon forfait mobile, déjà fort cher, de 4 euros, passant de 48 Euros à 52 Euros. Ceci me donnait le droit, selon la loi, de changer d’opérateur sans payer de pénalités de rupture de contrat, même s’il me restait un engagement. Un aubaine ! D’ailleurs, les français étant ce qu’ils sont et la communication dans la presse ayant été catégorique, je n’allais certainement pas être le seul à faire comme eux.

J’appelle donc SFR courant janvier pour leur notifier de mon départ et voir ce qu’ils avaient à me proposer. J’ai réussi à descendre jusqu’à 32 Euros par mois, une belle économie de 20 Euros, mais avec un réengagement de 24 mois. C’est décidé, je vais voir ailleurs ! D’ailleurs, Virgin Mobile propose un forfait 5 heures avec Internet à 30 Euros sans engagement. Une belle affaire !

Mais SFR me menace : « si vous partez avant le 1er février, vous devrez payer les pénalités malgré tout ». Cette menace a d’ailleurs largement été relayée par l’UFC que choisir qui a constaté que 78% des réclamations des clients au sujet de l’augmentation de la TVA venaient de SFR. Ne voulant pas me lancer dans une longue procédure où j’aurais probablement gagné, je me dis qu’il est urgent d’attendre février.

Je décide donc de passer à l’acte le premier week-end de février, le 5 pour être précis. Or, j’apprends la veille au soir que pour 4 jours seulement, le forfait Virgin Mobile dont je parlais quelques lignes plus tôt allait être proposé sur Vente Privée à moitié prix. Une aubaine !

Le 7 février 2011 à 8h45, je prend mon forfait chez Virgin Mobile. A 14h, le même jour, SFR annonce la suppression de son augmentation de TVA et donc l’impossibilité à partir de maintenant de migrer sans pénalité. Une heure après, Orange fait de même. Mais moi, j’ai migré juste avant. J’y ai donc droit ! Du moins, je l’espère. A l’heure où j’écris ces lignes, ma migration n’a pas encore eu lieu. Je passe donc d’un forfait 2h+2h qui a failli me coûter 52 Euros à un forfait 5h pour 15 Euros, SMS et Internet illimité compris.

J’attends avec impatience les résultats du 1er trimestre 2011 pour SFR. D’après les articles que j’ai lu ça et là, la fuite d’abonnés pouvait être comparé à une hémorragie. Certains annoncent une simple multiplication par 3 des demandes de résiliations quotidiennes, ce qui est énorme. D’autres annonces carrément une part de 15% des abonnés qui souhaitaient résilier. Quand on sait qu’ils se comptent par millions. Le manque à gagner est très probablement supérieur au bénéfice qu’ils auraient escompté. Virgin Mobile avait même lancé le slogan AVT, l’inverse de TVA, pour « Arrétez de Vous faire Tondre ! ». Et cette hémorragie aurait pu durer 4 mois complets !

Je me demande juste comment ce responsable marketing a pu se planter autant dans ses calculs. Il pensait que les pertes d’abonnés allaient être compensés en gains d’abonnés, ceux-ci devant forcément aller plus tard. Tout en n’imaginant pas une seule seconde que Bouygues et tous les MVNO n’allaient pas pratiquer l’augmentation de la TVA. SFR se retrouvait donc seul avec Orange. Je me demande aussi si ce responsable marketing avait été viré ou pas. Il le mériterait bien !

En conclusion, à force de nous prendre pour des vaches à lait, il faut bien payer un jour. Abonné SFR depuis 1997, ils ne me reverront plus jamais tout comme Orange qui m’a pris pour une vache à lait du temps de France Telecom où les communications locales étaient facturées au prix fort.

Pour en savoir plus, lisez l’article de 01Net et les articles associés.