Samsung, la vérité est ailleurs

Il y a quatre jours, je parlais du bug qui devrait coûter 17 milliards à Samsung. Le motif ? L’incendie des batteries du Galaxy Note 7 qui a entraîné l’arrêt de la commercialisation du nouveau modèle de la marque. L’événement est assez rare pour avoir fait les choux gras de la presse. Mais en réalité, la vérité sur le problème est ailleurs.

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Il semblerait que la batterie ne soit pas en cause. Samsung n’a jamais réussi à reproduire l’incendie en laboratoire. Le problème serait plutôt un problème d’organisation au sein du groupe.

Le coût de 17 milliards serait sur-évalué. Quatre jour après, on ne parle plus que de 3 milliards, voire 5 milliards. La presse n’arrive pas à s’entendre sur le montant, mais on n’est pas à deux milliards près. Non ? C’est cinq fois moins qu’il y a quatre jours. Dans tous les cas, la note restera salée et aura un impact fort pour l’entreprise pendant les six prochains mois.

Au-delà du coût, c’est l’image de l’entreprise qui est entachée. Les premiers utilisateurs sont déjà en train de s’éloigner de la marque. Samsung a déjà réagi et propose 100 dollars en plus du remboursement à tous les possesseurs malheureux d’un Galaxy Note 7 pour le rachat d’un autre smartphone de la marque.

Le bug en question est un problème complexe dont l’identification et la résolution ne se fera pas en quatre jours. Samsung est confronté à la vindicte journalistique en quête de sensationnalisme. Une chose est sûre : aucune des informations qui a été avancée n’est vraie, ou partiellement seulement. Il est évident que l’entreprise va continuer son investigation et trouver l’origine réelle du problème afin de le résoudre. A moins que des raisons politiques obligent l’entreprise à faire sauter une personne innocente pour la forme et repartir dans une autre direction. Cela arrive plus souvent qu’on ne le pense.

Dans tous les cas, nous, le grand public, n’en saurons rien car, entre-temps, la presse se sera tournée vers autre chose et obtenir la vraie vérité sera devenue sans intérêt. Ainsi est notre société !

Edit 05/12/2016 : Mauvaise langue que je suis, un article vient d’être publié sur 01Net expliquant l’origine de la panne ainsi qu’un autre publié par Zdnet.

Samsung ou le bug à 17 milliards d’Euros

Quand je dis que la qualité est essentielle et qu’il faut éviter d’avoir des bugs en production…

Samsung vient de montrer à quel point un bug de production peut coûter cher. L’arrêt prématuré de la vente du tout nouveau Samsung Galaxy Note 7 coûterait, selon les analystes, entre 10 milliards et 17 milliards de dollars à l’entreprise (là aussi). Une paille ! C’est surtout la réputation de l’entreprise qui est entachée pour longtemps et qui risque de provoquer un effet halo sur le reste de la gamme.

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Pour ceux qui n’ont pas suivi toute l’histoire, Minimachines en a fait un récapitulatif avec images et vidéos à l’appui et Zdnet a fait un récapitulatif du drame qui s’est déroulé en seulement 8 semaines. En résumé, le téléphone s’est mis à brûler chez plusieurs clients. Il y a eu un rappel de 2,5 millions d’appareils. Mais la nouvelle série a continué à brûler. Au point que les compagnies aériennes interdisent l’usage de ces téléphones dans les avions. J’ai testé pour vous : « Si vous êtes possesseurs d’un Samsung Galaxy Note 7, vous devez éteindre votre appareil et le maintenir éteint jusqu’à l’arrivée du vol. Le mode avion n’est pas autorisé pour ce modèle ».

Ce qui est bien dans ce genre de mauvaises publicités, c’est que la réputation acquise est tenace pendant bien longtemps. Vous souvenez-vous de la dernière grosse compagnie qui a eu des déboires mondialement connus ? Certes, ce n’était pas un problème de combustion, mais plutôt de triche dans les tests de pollution effectués. Oui, ça y est, vous avez trouvé : Volkswagen et l’affaire du dieselgate ou la triche sur le niveau de pollution des moteurs de la marque. Le dossier aura coûté à l’entreprise 15 milliards de dollars rien que pour les Etats-Unis et elle doit faire face à des plaintes de nombreux autres pays. Ce qui est amusant dans cette affaire, c’est qu’on a découvert entre temps que toutes les autres compagnies ont triché de la même manière, mais elles, elles ne se font pas attaquer. Seul le premier attrapé paie les pots cassés pour les autres. Une escroquerie planétaire !

Beaucoup moins coûteux mais tout aussi problématique car on est dans un marché d’avenir, la combustion d’une voiture Tesla de dernière génération, entièrement électrique, chose qui était déjà arrivé dans les précédents modèles, le pilotage automatique qui provoque la mort de son conducteur dans un accident ou la voiture piratée à distance. Certes, les voitures autonomes provoquent énormément moins d’accidents que les voitures conduites par des humains, mais l’opinion publique est si facilement manipulable que les journalistes vont bien se garder de le dire. Et cela peut nuire à l’entreprise au point d’interdire la commercialisation de ces produits jugés, à tort, non sûrs.

Moralité ? Testez avant de livrer. Ça peut vous faire des économies énormes !