Récit de mes deux jours au Scrumday 2015

Voilà plus d’un mois que le Scrumday 2015 est passé et je n’ai pas encore vu beaucoup de compte-rendus. Alors, je me lance. Le Scrumday, c’est l’événement annuel français le plus gros dans le domaine de l’agilité. Cette année, pour la cinquième édition, plus de 600 personnes sont venues. Il a eu lieu les 2 et 3 avril à Disneyland Paris. Qu’ai-je fait pendant ces deux jours ? Récit en texte et en images.

La frustration

Le Scrumday commence toujours pas une frustration. Le programme est très riche. Il y a 9 sessions en simultané et on ne peut assister qu’à une seule à la fois. A la fin de la journée, on n’a donc vu que 10% de tout ce qui était organisé. On rate donc 90% de l’événement. Cela veut dire que chaque participant vit le Scrumday différemment. Une fois qu’on a acquis ce concept de la frustration, il ne reste plus qu’à se concentrer sur l’essentiel : profiter au maximum des 10% qui restent. Cela implique donc de bien préparer sa journée et ne pas rater l’heure de début des sessions, en particulier pour les petites sessions qui n’autorisent qu’un nombre limité de participants.

Une stratégie

Le Scrumday est composé pour moitié d’événements de type « conférences » et d’événements de type « ateliers ». Les conférences étant filmées, l’année dernière, j’avais choisi de ne faire que des ateliers. Je pouvais ensuite regarder les vidéos des conférences plus tard et ainsi profiter de plus de 10% du Scrumday.

Cette année, je n’ai pas pu appliquer cette stratégie pour deux raisons. Pour la première fois, j’animais une session (voir le compte rendu), je ne pouvais donc pas participer à un atelier à ce moment là, et je ne voulais pas rater la présentation du Retex EDRF de Jean-Hugues Hamelin. J’expliquerais pourquoi tout à l’heure.

Il ne me restait donc qu’un créneau pour participer à un atelier, mais, je n’ai pas surveillé ma montre, l’atelier que j’avais choisi, sur Devops, a démarré sans moi. Arrivé en retard, je me suis donc retranché vers une présentation. Au final, cette année, j’ai raté tous les ateliers et assisté uniquement à des présentations.

Discours d’ouverture du Scrumday

Le présentateur du discours d’ouverture du Scrumday a été tiré au sort parmi les organisateurs. C’est Karine Mazet qui a été choisie. Morte de trouille, elle s’est fait masser la nuque par une collègue avant sa prestation, afin de déstresser. Au final, elle a été parfaite. J’aime bien le concept de l’équipe auto-organisée où n’importe quel membre est susceptible d’assurer la présentation du produit final. Ça me rappelle des concepts que j’ai déjà vu par ailleurs si vous voyez à quoi je pense (sinon, la lecture de cet article risque d’être fastidieuse pour vous).

Autre élément que j’ai apprécié, c’est d’inviter sur la scène la première personne qui s’est inscrite au Scrumday 2015. J’imagine ce à quoi elle pouvait penser, n’ayant pas été prévenue et n’ayant rien préparé. Elle a pu bénéficier d’un applaudissement généralisé de la salle. C’est gratuit et ça fait plaisir. Bon esprit !

Keynote d’ouverture

La Keynote d’ouverture était présentée par Dave Snowden, un grand nom de l’agilité. Son sujet : « Simple but not simplistic ». Je ne vais pas pouvoir vous expliquer ce qu’il a raconté. A l’école, j’ai appris l’anglais, pas le gallois. Il semblerait que je n’étais pas le seul à ne pas comprendre. J’ai eu quelques indiscrétions de l’organisation, la vidéo qui va être disponible prochainement sera sous-titrée ! Ouf !

Le plus petit pas, comme accélérer votre transformation en passant de 1000 personnes à 1 personne

Nicolas Gouy sera mon premier orateur en français de la journée. Sa session démontre qu’une transformation big bang n’est pas possible et qu’il est préférable d’y aller par petits pas. Passez votre temps à vous demander quel petit pas vous pouvez faire pour avancer un peu, et faites-le. Ce sera mieux que rien. Et à force, vous aurez fait un grand pas. Et si tout le monde fait cela, la transformation aura eu lieu sans effort. C’est quand même plus fun que d’attendre que les choses changent toutes seules, non ?

La transformation Agile d’une grande entreprise. Comment faire ?

Evidemment, je ne pouvais pas rater cette session puisque c’est moi qui la présentait. Les slides et la vidéo sont disponibles dans cet article. Je ne vais donc pas m’étaler plus que ça ici même.

Après ma session, c’était l’heure de déjeuner. Plutôt que déjeuner, j’ai répondu à beaucoup de questions, notamment à un monsieur de Cdiscount dont je n’ai pas gardé les coordonnées. Si tu te reconnais, peux-tu me contacter ? Le temps est passé si vite que j’ai raté le début des sessions de l’après-midi. Je voulais faire l’atelier « DevOps Mindstorm : atelier de sensibilisation au DevOps ». Trop tard. Je me suis donc rabattu sur une conférence que j’avais également repérée.

SAFE vs Spotify, le match !

Cette session était co-présentée par Renaud Chevalier et Benjamin Moitié. J’ai eu la chance de travailler avec Renaud par le passé, c’est quelqu’un que j’apprécie. Nous avions déjà échangé ensemble sur Spotify. Concernant SAFE, on en entend beaucoup parler, mais je n’en connaissais pas encore assez. Il était donc naturel que je sois présent à cette session. Renaud incarnait l’expert Spotify et Benjamin l’expert SAFE. La présentation était sous forme d’un match en plusieurs rounds. A chaque round, l’un des deux frameworks gagnait, parfois ils étaient ex-æquo. A la fin, le résultat final était présenté. Je n’ai pas été séduit par le format de la présentation, mais le contenu m’a beaucoup plu.

J’ai découvert entre temps que SAFE était le framework à l’échelle le plus utilisé au monde après Scrum de Scrum. Et pourtant, ce framework est plutôt lourd. A l’inverse, Spotify est beaucoup plus léger et beaucoup plus populaire. Mais… ce n’est pas un framework, juste un retour d’expérience de la société Spotify qui a fait beaucoup de buzz. A aucun moment son auteur n’a voulu déployer ce modèle dans d’autres entreprises. D’ailleurs, il ne communique plus dessus depuis bien longtemps et Spotify ne fonctionne plus comme ça aujourd’hui. Cela n’empêche pas le buzz de continuer à faire le tour du Net et Spotify reste toujours très apprécié.

A l’inverse, l’expert SAFE a à sa disposition, un framework bien documenté et complet. Peut-être même trop complet. C’est l’argument que les détracteurs utilisent. Benjamin nous a fait la confidence que depuis qu’il est certifié SAFE, il n’a plus d’amis. Plus personne ne l’appelle. Car SAFE fait peur à ceux qui ne connaissent pas. Et pourtant, de ce que j’en ai vu, c’est le framework qui collerait le mieux à une logique de grosse entreprise, surtout française.

En conclusion, SAFE est un framework bien documenté mais qui fait peur car il est assez lourd. Spotify est plus fun et apprécié par la communauté, mais ce n’est pas un framework, il n’y a jamais eu de volonté à ce qu’il se déploie dans d’autres entreprises que Spotify et la documentation existante est limité à une unique publication. SAFE n’est pas populaire mais c’est malgré tout l’un des frameworks à l’échelle les plus déployés. Spotify est très populaire mais finalement très peu déployé. Un vrai paradoxe !

Organisation agile ? Scrum is not enough

C’est maintenant au tour de Christophe Keromen de prendre la parole, une autre personne que j’apprécie beaucoup. En écoutant sa présentation, j’ai compris pourquoi la mienne n’avait pas été retenue en premier lieu. Les deux présentations traitent du même sujet avec un angle différent. Autant dire que j’étais en phase avec tout son discours. Scrum, c’est bien pour un projet. Mais Scrum n’est pas adapté pour une organisation Agile. Il en faut beaucoup plus : une transformation. L’un de mes moments préférés, c’est lorsqu’il adresse un message aux managers, leur enjoignant de prendre leur bâton de pélerin et d’y aller. Du petit lait ! Je suis impatient que les vidéos des conférences soient disponibles. J’ai bien envie de me ré-écouter tout son discours. Il en vaut la peine.

L’agile en grand

Et maintenant, il est l’heure d’assister à LA conférence que je ne voulais pas rater. J’ai eu la chance de rencontrer quelques mois plus tôt Jean-Hugues Hamelin, le responsable du projet Linky à ERDF, un projet de 150 personnes. Lorsqu’il m’a exposé les raisons lesquelles il avait été contraint de passer à l’agilité et comment il l’avait fait, je lui avais dit à l’époque qu’il fallait absolument qu’il expose son récit au Scrumday. Je me souviens qu’il n’était pas chaud, ne trouvant pas si exceptionnel son expérience. Comme je connaissais son coach Agile, Christophe Addinquy, je lui ai fait pendant plusieurs mois du bourrage de crane pour qu’il convainque Jean-Hugues d’y aller et Christophe a fait de même auprès de lui. Au final, il a cédé et il est venu. Bravo ! Il n’a pas eu le courage de venir seul. Il a préféré se faire accompagner par Nadim Elbaba, le chef de projet technique du projet, excusez du peu.

Ensemble, ils ont raconté toute l’histoire du projet Linky : comment la révélation de faire de l’Agile est venue pendant les vacances d’été à la lecture d’un livre sur l’agilité, qu’il était impossible de faire ce projet avec un processus traditionnel car c’était incompatible avec les échéances du projet et qu’il a fallu faire des choix forts pour pouvoir avancer vite, notamment se passer de ceux qui n’étaient pas prêts à prendre le pli de l’agilité. Au final, la première phase du projet a pu être livrée en production dans les délais, en novembre 2014, sans soucis majeur.

Je n’ai pas entendu tous les détails croustillants que Jean-Hugues m’avait fait à l’époque, notamment sa visite rue Montgallet pour y acheter des barrettes mémoire de 32 Go pour équiper tous les PC de ses développeurs afin qu’ils puissent exécuter l’environnement Linky complet en local sur leur machine et ainsi être plus performant. Il avait été obligé de faire ainsi car 32 Go pour un poste de développeurs n’était pas du tout proposé dans le catalogue de la DSI d’ERDF. Il s’est ensuite fait rembourser en notes de frais. Il y en a eu d’autres histoires comme celle-ci, mais je les garde pour moi.

Je vous invite vraiment à regarder sa présentation dès que la vidéo sera disponible. Elle mérite le déplacement. Ce responsable de projet est complètement atypique. Et ça fait plaisir, et aussi peur, de voir qu’il en existe. En attendant, je vous invite à lire cette présentation de Christophe Addinquy, le coach du projet, qui raconte de son point de vue comment s’est passé cette transformation : « Une transition agile en 12 leçons apprises« .

Jean-Hugues Hamelin se sent seul. Dans sa présentation, il a en effet traité sur un de ses slides de solitude. Alors qu’il cherchait à conforter ses décisions en matière d’agilité, il a consulté toutes les entreprises réputées pour faire de l’Agile. Chaque fois qu’il exposait son besoin, on lui répondait systématiquement « c’est super votre projet, on a envie d’y travailler avec vous » alors que ce qu’il voulait, c’était rencontrer des managers qui avaient eu les mêmes problèmes que lui. Il a alors tendu une perche sollicitant la création d’une association de managers de grandes entreprises qui ont des gros problèmes afin qu’ils échangent leurs expériences. Reste plus qu’à le faire. De mon coté, j’y travaille en relayant son message en espérant que d’autres vont me rejoindre afin que cette association devienne réalité.

La régression continue, une méthode pour bien faire rater l’adoption Agile en entreprise

Il est temps de passer à un moment plus léger avec Bastien Gallay. Je ne sais pas si les organisateurs ont fait exprès de mettre cette session en fin de journée, mais c’était le moment idéal car cette session a tourné en dérision les détracteurs de l’Agilité. Bastien a joué le comédien. Habillé d’un vêtement, il se présentait comme quelqu’un de très censé et nous expliquait qu’il allait jouer un rôle. Puis, en changeant de tenue, il jouait ce rôle avec un réalisme parfait. Qui était-il ? Celui qui devait tout faire pour que l’agilité ne pénètre pas dans son entreprise. Et de idées, il en avait ! Son discours, teinté d’une mauvaise foi patente, tenait le choc. Partant des 12 principes du manifeste Agile, il les a reformulés à sa manière pour qu’ils incarnent plus ses valeurs de command & control. Humour garanti !

Cette session était malheureusement trop courte pour traiter des 12 principes. Seuls 4 ont été développés. Bastien m’a assuré qu’il avait fait le travail pour les 12. Je dois le recontacter pour les avoir. Je suis impatient de relire tout ça. Si vous voulez une bonne poilade, c’est cette vidéo qu’il faut regarder.

Cette session a eu un effet secondaire sur moi. J’en ai rêvé la nuit ! Je me suis retrouvé à vivre dans ce monde où l’agilité devait être boutée hors de l’entreprise. Cela m’a beaucoup travaillé. Et maintenant, il est temps pour moi de vous révéler ma séquence fail du Scrumday. Le lendemain, je suis revenu à Disney en RER avec un de mes collègues. A l’arrivée, une personne qui nous a reconnu nous a rejoint pour faire la marche à pied jusqu’à l’hôtel où se tient le Scrumday. C’est à ce moment là que j’ai raconté à mon collègue et à cet inconnu que cette session m’avait particulièrement marquée au point d’en avoir rêvé toute la nuit. Ce que je n’avais pas tilté, c’est que cette personne que j’avais reconnue sans la situer était tout simplement Bastien, l’auteur de cette session !

Seconde Keynote

Après une nuit de sommeil bien courte, il était le temps d’assister à la Keynote du second jour avec Mary Poppendieck, un autre grand nom dans le domaine de l’agilité pour sa présentation : « The Scaling Dilemma ». Son accent était plus simple à comprendre que pour la keynote de la veille. Elle aurait du intervertir avec Dave et intervenir le premier jour. En fait, c’était le souhait initial des organisateurs. Mais Mary avait dit qu’elle n’était pas disponible ce jour là. Puis, apprenant que Dave allait présenter le premier jour, elle a libéré son agenda pour être présente. Si les organisateurs avaient eu la présence d’esprit d’annoncer à Mary la présence de Dave plus tôt, elle aurait pu être l’oratrice du premier jour. Mais comment aurait-ils pu le savoir ?

Le but de sa présentation était d’expliquer que l’entreprise, plus elle grossit, moins elle est performante. L’esprit startup disparaît et la lourdeur d’une grosse structure prend le dessus. Le fameux seuil est entre 100 et 150 personnes. Au-delà, la structure est bien trop grosse pour que les gens puissent se connaitre. Il faut donc trouver une solution pour garder l’esprit startup, même au-delà de 150 personnes. L’une de ses solutions est de mettre en place des sous groupes de 100 personnes maximum et faire en sorte qu’ils fonctionnent de manière totalement autonomes. Elle a également exposé le fait que les organisations hiérarchiques des entreprises sont issues du modèle militaire et que cela ne colle pas.

Était-ce un pied de nez à Dave ou le résultat d’une excellente présentation, toujours est-il que toute la salle a fait une gigantesque standing ovation à Mary. Elle était ensuite disponible pour une séance de dédicaces. Son plus grand Fan, Christophe Addinquy, est venu la voir avec un exemplaire de son livre, recouvert de marques pages Post-it montrant qu’il a lu le livre de fond en comble (ou alors c’est un bon acteur mais connaissant son goût pour la lecture je ne le pense pas). Il a obtenu sa dédicace. J’ai pu le prendre en photo entouré de Mary et Tom, son mari.

L’OpenSpace

Le plus gros du second jour est consacré à un gigantesque OpenSpace avec plus de 200 personnes. Ce type d’animation avait déjà eu l’année dernière et avait bien fonctionné. Les organisateurs n’ont pas hésité à le remettre au programme.

L’OpenSpace, c’est à la fois l’anarchie, une structure et la possibilité de faire de bonnes comme de mauvaises découvertes. Je ne suis pas Fan de ce format car je trouve qu’il ne permet pas d’aller suffisamment au fond des choses, mais, il faut le reconnaître, il a mérite de mettre en avant des sujets qu’on n’aurait pas imaginé entendre autrement.

Pour ceux qui ne connaissent pas le format de cette animation, voici un bref résumé. La première demi-heure est une place de marché. Chacun peut prendre la parole (au micro) et proposer un sujet de son choix. Il met ensuite le titre sur un Post-it et le colle sur un tableau qui est la place de marché. Le tableau est composé de plusieurs cases : en ligne, différents créneaux d’une heure, en l’occurrence quatre pour cette journée, et en colonne, différents lieux reportés ensuite sur la carte du site. Au bout d’une demi-heure, toutes les cases sont remplies de Post-it. Les animations démarrent alors à l’heure et à l’endroit indiqué. Vous pouvez assister aux animations de votre choix et si elles ne vous plaisent pas, vous pouvez appliquer la loi des deux pieds qui consiste à prendre ses deux pieds et partir ailleurs quand on a le sentiment de ne rien apprendre. C’est le principe de l’Openspace. Si vous voyez quelqu’un partir, ne vous offusquez pas. C’est son droit ! Parmi les participants, il y a ce qu’on appelle les butineurs, c’est à dire les personnes qui ne restent jamais longtemps aux sessions et préfèrent passer de sessions en sessions.

La liste des sessions proposées lors de l’OpenSpace

Voici la liste des sessions proposées lors de l’OpenSpace :

  •  Rassurer un patron déterministe
  • Développer un produit en offshore avec l’Inde
  • No meetings
  • En finir avec Scrum
  • Arbre à voeux Agile
  • No estimation
  • Interview coach clinic
  • Business value game
  • Les choses pouvant conduire à penser Agile
  • La crevasse
  • Comment fournir des outils de contrôle à long terme à mon management
  • Sociocratie
  • Les vertus d’un Agile imposé
  • Transformez votre entreprise en 4 semaines
  • Comment amener des patrons dans nos confs Agiles ?
  • Kanban et Scrum comment travailler avec tous les acteurs ?
  • Mon boss vient de nous annoncer que nous passons en société libérée
  • Comment initier et convaincre son management de passer à l’agilité ?
  • Lean startup avec Speecheo => comment (in)valider les prochaines features dans un exemple concret
  • Cartographie des associations Agiles
  • Improve yourself
  • Retours d’expériences entre PO
  • Comment gérer des users stories techniques
  • Testing action types
  • Quand faut-il pivoter ?
  • Les chaises non musicales

Certaines sessions sont manquantes, mes photos étaient trop floues. Si quelqu’un a les manquantes, qu’il n’hésite pas à me contacter.

L’un des défauts de l’Openspace, c’est que ces lieux d’échange libres permettent de partager de bonnes idées entre les personnes présentes. Mais elles ne sont pas capitalisées. Aucun Retex n’est fait. Il ne ressort donc rien de toutes ces bonnes réflexions. C’est dommage.

Voici malgré tout mon Retex pour celle que j’ai pu suivre.

Comment amener des patrons dans nos confs Agiles ?

La session était consacrée aux managers et se demandait pourquoi aussi peu de managers venaient au Scrumday. Il en est ressorti deux raisons principales : il n’ont pas le temps et cela ne leur parle pas. Pour qu’ils aient envie de venir, il faudrait organiser un événement qui leur est dédié, où les managers rencontreraient d’autres managers. D’ailleurs, cela rejoint le souhait de Jean-Hugues Hamelin qui se sentait seul en tant que manager Agile.

Cette session m’a permis d’apprendre que Valtech organisait 4 fois par an « le cercle des dirigeants Agiles », qu’à l’Agile Tour Montpellier, la Poste avait essayé d’organiser des sessions dédiées au managers avec un succès mitigé et que les managers se rencontrent généralement au sein de l’organisation Cigref. Nous avons conclu qu’il fallait organiser des partenariats avec ces entités si on veut atteindre les managers. Affaire à suivre.

Business value game

Je l’avais annoncé avant le Scrumday, lors de l’Openspace, j’animerais un Business Value Game, un jeu de priorisation sur la business value qui dure presque deux heures. J’ai donc réservé deux créneaux à cet effet et j’ai animé le jeu pour plus de 20 participants. Le compte-rendu est disponible sur cette page : Business value game.

Anti-ice breaker

Last but not least, le Scrumday touchait presque à sa fin. Il ne restait plus qu’une animation : l’anti-ice breaker. Pour rappel, un ice breaker est une animation que l’on fait au début d’une rencontre pour réchauffer l’ambiance entre les participants. Cela s’appelle « briser la glace ». L’anti-ice breaker s’organise à la fin d’une animation afin que tout le monde se sépare en gardant en tête la chaleur de la journée.

Les survivants du Scrumday, plus d’une centaine de personnes encore, se sont donc réunis en cercle autour de l’animatrice de cette session. Nous avons fait un ensemble d’exercices de déplacement de notre corps avec des interactions avec les autres personnes du cercle formant ainsi un ballet harmonieux. A chaque étape, les exercices étaient de plus en plus complexes jusqu’à arriver à des résultats qui nous impressionnaient nous même au point que nous nous sommes tous applaudis à plusieurs reprises.

Il est très rare de se trouver dans une situation où plus de 100 personnes sont en symbiose de cette manière. Je ne suis pas Fan de ce genre d’exercice, mais force est de constater que j’ai vécu un moment puissant qui a clôturé ce Scrumday d’une belle manière.

Ma conclusion sur l’organisation

On nous a demandé du feedback sur l’organisation, voici le mien. Dès le lendemain, j’ai mis un commentaire sur le meetup : « C’est comme si c’était facile à organiser. Ça veut dire que le boulot en amont était nickel. Ça paye ! ». Et je le pensais. Tout a été organisé à merveille. L’équipe auto-organisée, responsable et soudée, ça existe. La preuve ! Et elle n’a pas eu besoin de manager. Ce dernier leur a laissé carte blanche. Les principes Agiles mis en pratique. Bravo !

Je continuerais à pester, comme l’année dernière, que Disney, c’est loin. Ils me rétorquent à chaque fois que trouver un lieu, dans Paris où 9 sessions peuvent avoir lieu simultanément à un prix acceptable, c’est compliqué. Et je veux bien les croire. Avez vous regardé « La Grande Crypte » ? Si malgré tout vous organisez le prochain Scrumday à Disney, je viendrais quand même !

Vous me faites regretter de ne pas faire partie de l’orga. Votre groupe est puissant. Vous en avez « chié », mais tous ensemble. C’est ça qui forme un groupe soudé et qui fonctionne. Je vous ai déjà dit que je ne pouvais pas être des vôtres car je suis déjà impliqué dans trop de choses. Je n’aurais pas eu la disponibilité suffisante pour vous aider et je préfère dire non que vous planter. Mais l’un de mes projets très probablement avoir des synergies avec vous. Je vous contacte dès que c’est plus mûr (en septembre si tout va bien). Et promis, je vais continuer mon lobbying pour que ma société soit sponsor en 2016 !

A l’année prochaine !

PS : toutes les photos du Scrumday sont disponibles ici. Merci à Christopher d’avoir pris les plus belles.

Franck Beulé
Coach Agile, expert des technologies de l’Internet et en ergonomie du Web

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